En Argonne, suivant les pourtours du relief, l’argile de Gault est présente dés les mi-pentes du massif de gaize ainsi qu’un cordon de sables verts encore plus bas sur les versants.

Durant l’Albien moyen (entre 106 et 102 millions d’années), l’argile de Gault se dépose en milieu marin. Nous l’a trouvons aisément au fond du lit des cours d’eau d’Argonne



L’argile de Gault montre un bel aspect d’un gris bleuté. C’est une argile à grains fins, facilement malléable, agréable à toucher. Par ailleurs, elle a des capacités nettoyantes d’où son utilisation dans certains produits de cosmétique. L’exploitation de l’argile en Argonne remonte à l’époque gallo-romaine. Il s’en suivra donc tout un développement de poteries, de briqueteries, de tuileries et de faïenceries.





Sur le plan paysagé
L’argile de Gault annonce la Champagne humide et ses étangs. Le relief escarpé du massif de gaize cède la place à un relief atténué où les prairies occupent encore le sol.


Les sables verts
En Argonne, suivant leur formation dans l’échelle géologique, les sables verts se trouvent au dessous de l’argile de Gault et de la gaize pour les sables verts de l’Albien inférieur (entre 112 et 106 millions d’années). De ce fait, cette formation géologique n’est pas observable sans creuser, parfois profondément.
Les sables verts ourlent la partie basse du relief de gaize sur les versants Sud et Est dans les secteurs de Brizeaux, Triaucourt-en-Argonne, Faucaucort-sur-Thabas, Les Islettes et la vallée de l’Aire.
Les « coquins »
Ces sables recèlent des nodules de phosphate, localement appelés « coquins ». Au milieu du XIXème siècle naît l’extraction de ce type de phosphate pour être utilisé comme engrais. Les coquins doivent être broyés d’où ces moulins à coquins dont il reste un « exemplaire » à Rarécourt. Il est le dernier à avoir fermé en 1947. Au plus fort de la production, les « coquins » de l’Argonne représentent 40% de la production française. C’est alors tout une économie qui tourne autour de cette exploitation, dont le transport, notamment fluvial et ferroviaire via la gare de Sainte-Ménehould. Les sables verts vont ainsi contribuer également à l’essor des verreries en Argonne.

Documentation :
Notice explicative de la carte géologique 1/50 000 Clermont-en-Argonne
Didier Zany, Claudette Didierjean, Faïencerie et gaize de Passavent-en-Argonne : 3. Description, Géologie de Lorainne, https://www4.ac-nancy-metz.fr/
Émile Chantriot, La Champagne: Étude de Géographie régionale, Ed. Berger-Levrault et Cie, 1906
